
Un jeune compatriote a tragiquement perdu la vie le week-end écoulé alors qu’il était en plein exercice de ses fonctions dans une usine de transformation de bois située dans la zone économique spéciale de Nkok. Les faits, d’une rare brutalité, ont été immortalisés dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, suscitant émotion, colère et incompréhension.
Selon les premières images qui circulent, une importante pile de bois se serait soudainement effondrée sur l’ouvrier, le coinçant sous plusieurs dizaines de planches. Alertés, ses collègues se sont précipités pour tenter de le dégager. Dans la vidéo, on les voit s’activer dans l’urgence, retirant les planches une à une, animés par l’espoir de sauver leur camarade. Mais malgré leur promptitude et leurs efforts désespérés, l’issue a été fatale. L’ouvrier aurait succombé à ses blessures sur place.
La scène qui a suivi est lourde de tristesse. Des travailleurs, mains sur la tête, visages fermés, parfois en larmes, réalisent peu à peu qu’ils viennent de perdre l’un des leurs. L’usine, habituellement bruyante, s’est transformée en un lieu de stupeur et de recueillement. Encore une vie perdue à Nkok, encore une famille endeuillée, encore un drame qui s’ajoute à une liste déjà trop longue.
À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite par la direction de l’entreprise ni par les autorités compétentes pour éclairer l’opinion sur les circonstances exactes de cet accident. Silence radio, pendant que les images continuent de circuler et que les interrogations se multiplient. Comment une pile de bois aussi massive a-t-elle pu s’effondrer ? Les normes de stockage étaient-elles respectées ? Les dispositifs de sécurité étaient-ils en place ? Autant de questions qui restent sans réponse.
Ce drame remet avec acuité sur la table la question de la sécurité et de la protection des travailleurs dans les usines de transformation et de manufacture, notamment à Nkok. Chaque jour, des centaines d’ouvriers y sont exposés à des risques majeurs : chutes de charges lourdes, machines dangereuses, conditions de travail parfois précaires. Ils travaillent souvent sous pression, dans des environnements où la productivité semble parfois primer sur la sécurité humaine.
Pourtant, la loi est claire. Les employeurs ont l’obligation de garantir la sécurité de leurs employés, qu’ils soient journaliers, contractuels ou permanents. Cette responsabilité ne saurait être négociable. Travailler ne devrait jamais être synonyme de risquer sa vie. Et pourtant, les accidents se répètent, parfois mortels, parfois mutilants, laissant derrière eux des familles brisées et des collègues traumatisés.
À quoi servent alors les Équipements de protection individuelle (EPI) si leur usage est inexistant, mal contrôlé ou relégué au second plan ? Casques de sécurité, bottes adaptées, gants, uniformes appropriés, dispositifs de protection collective : ce minimum vital devrait être systématiquement imposé et rigoureusement contrôlé. L’absence ou la négligence dans l’utilisation de ces équipements pose une question grave sur la culture de la sécurité au sein de certaines entreprises.
Au-delà de la responsabilité des dirigeants d’usines, ce drame interpelle également les autorités compétentes. Les inspections du travail sont-elles régulières et efficaces ? Les sanctions prévues en cas de manquement sont-elles réellement appliquées ? L’État peut-il continuer à fermer les yeux face à la récurrence des accidents dans des zones industrielles pourtant présentées comme des vitrines du développement économique ?
La mort de cet ouvrier ne doit pas être un fait divers de plus, rapidement oublié au rythme de l’actualité. Elle doit servir d’électrochoc. Car derrière chaque accident, il y a une vie, un avenir, une famille. Et tant que la sécurité des travailleurs ne sera pas une priorité absolue, d’autres drames continueront de se produire.


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