Composition d’un contrat de performance ministérielle en 60 jours

Le Conseil des ministres du 5 janvier 2026 a décidé d’instaurer une réforme majeure du pilotage de l’action gouvernementale en instruisant chaque ministère à élaborer, dans un délai strict de 60 jours, un contrat de performance ministérielle. Cette décision vise à transformer l’administration publique gabonaise en une machine de résultats, mesurable et alignée sur les ambitions nationales.

Aux termes de cette nouvelle directive, chaque ministre est désormais tenu de produire un contrat de performance, intégrant des engagements précis, des objectifs mesurables et des indicateurs clairs et vérifiables. Ces contrats devront strictement s’aligner sur les axes du Plan National de Consolidation et de Développement (PNCD) ainsi que sur les engagements personnels et politiques du Président de la République.

Le Gouvernement justifie cette décision par la nécessité d’ériger des standards de performance au cœur de l’action publique. Elle rompt avec les approches déclaratives pour instaurer une logique de résultats tangibles. Contrairement aux simples objectifs généraux qui jalonnaient auparavant les programmes sectoriels, ces contrats doivent présenter des cibles chiffrées, des résultats attendus et des calendriers d’exécution précis.

L’esprit de la réforme repose sur un principe simple : chaque ministre devra rendre compte de l’atteinte effective des résultats qu’il s’est engagé à produire dans un cadre de responsabilité partagée avec l’ensemble de ses services. À cet effet, des indicateurs clés de performance (KPI) devront être définis dans les domaines prioritaires comme la santé, l’éducation, les infrastructures, l’énergie, l’eau potable, l’emploi et la sécurité.

La détermination des indicateurs ne pourra plus être approximative ou abstraite. Ils devront respecter des critères de rigueur scientifique : clairs, explicites, mesurables, réalistes et temporellement définis. Par exemple, un ministère en charge de l’éducation ne pourra plus simplement viser une “amélioration de la qualité de l’enseignement” mais devra préciser l’augmentation prévue du taux de réussite aux examens nationaux, le nombre d’écoles rénovées ou construites, ou encore le taux d’accès à l’enseignement secondaire dans les zones rurales.

Selon le Conseil des ministres, cette transformation du cadre de pilotage permettra d’instaurer une culture de responsabilité au sein de l’exécutif, rompant avec des pratiques de planification souvent déconnectées des attentes réelles des populations. Les contrats de performance ministérielle sont conçus comme des outils contraignants qui serviront de base aux évaluations futures.

Le Gouvernement entend rendre public le suivi de l’exécution de ces contrats afin de renforcer la transparence de l’action publique. Une plateforme de suivi interconnectée pourrait être mise en place pour permettre à la société civile, aux partenaires techniques et financiers, et au grand public, de consulter les progrès réalisés par chaque secteur ministériel.

Cette innovation viserait à stimuler une dynamique de redevabilité non seulement verticale (ministre/Président) mais aussi horizontale (ministre/citoyens).

Ce délai de 60 jours est perçu comme volontairement contraint pour créer une dynamique d’urgence et d’efficience. Toute prolongation devra être dûment motivée et fera l’objet d’un examen rigoureux devant la tutelle gouvernementale. L’objectif est d’éviter les reports qui ont trop souvent caractérisé les grandes réformes administratives.

L’alignement des contrats sur le PNCD et les engagements présidentiels donne une cohérence stratégique à la démarche. Les priorités nationales, telles que la réduction des inégalités, l’amélioration des conditions de vie, la modernisation des infrastructures et la diversification économique, deviennent des points d’ancrage obligatoires pour chaque contrat ministériel.

En pratique, les ministères devront déployer des équipes techniques spécialisées en planification stratégique et en évaluation des politiques publiques pour concevoir ces contrats. Ils seront assistés par des entités gouvernementales transversales pour veiller à l’harmonisation avec les objectifs nationaux, évitant ainsi les décalages ou les redondances entre ministères.

En parallèle, des sessions de formation et d’appropriation des outils de pilotage axés sur la performance seront organisées à l’endroit des cadres supérieurs et des responsables de programmes. Cela permettra de garantir que les outils et méthodologies de suivi et d’évaluation soient appliqués de manière uniforme à travers l’administration.

La démarche, saluée par certains experts en gouvernance publique, marque un tournant vers une administration davantage orientée vers les résultats et la satisfaction des besoins des citoyens. Elle appelle à une mobilisation intégrale des ressources humaines et matérielles du secteur public pour atteindre les objectifs ambitieux fixés par le Gouvernement.

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