
Le chef-lieu du département de la Boumi-Louetsi, dans la province de la Ngounié, est coupé du reste du pays depuis la nuit dernière, suite à un éboulement survenu sur l’axe Lebamba–Mbigou. Les fortes pluies qui se sont abattues sur la région ont obstrué la voie, déjà fragile, interrompant toute circulation et ravivant les inquiétudes sur l’état des infrastructures routières de l’arrière-pays.
Selon une source sur place, « après la pluie de ce matin, Mbigou est inaccessible depuis les autres localités. Des éboulements se sont produits entre Mbimba et Kanda, sur la route de Lebamba ».
Une zone à haut risque géographique et climatique
Cet axe, crucial pour l’approvisionnement, les déplacements administratifs et les échanges commerciaux, est particulièrement vulnérable. Plus qu’une simple route, il s’agit d’un tracé sommaire que les riverains qualifient de « piste d’éléphant », dont l’état se dégrade à chaque saison des pluies.
Mbigou, située entre 700 et 800 mètres d’altitude, est entourée de collines dont l’altitude varie entre 632 et 776 mètres.
Cette topographie, combinée à des sols instables, expose la zone aux glissements de terrain. Le climat renforce cette fragilité : avec une pluviométrie annuelle moyenne de 742 mm et des températures pouvant atteindre 16,2 °C, même les mois les plus secs restent marqués par des précipitations significatives, favorisant érosion et éboulements récurrents.
Des travaux de réhabilitation jugés trop lents
L’incident relance le débat sur la lenteur des travaux de réhabilitation de l’axe Lebamba–Mbigou–Malinga–Molo, confiés à l’entreprise Ebomaf Togo. Sur le terrain, la population dénonce une progression « à pas de tortue », alors que chaque épisode pluvieux replonge la ville dans l’isolement.
Cette interruption complique l’acheminement des denrées de première nécessité, l’accès aux soins et la continuité des services publics.
Un isolement révélateur des défis structurels
Au-delà de cet éboulement, la situation de Mbigou illustre les difficultés persistantes d’aménagement du territoire dans certaines zones de l’intérieur du pays.
Chaque saison des pluies, l’isolement de plusieurs localités rappelle l’urgence d’investissements durables et adaptés aux réalités géographiques et climatiques.
En attendant l’intervention des autorités pour dégager la voie et sécuriser le tronçon, les habitants de Mbigou restent une fois de plus confrontés à une fragilité infrastructurelle qui freine leur quotidien et le développement local.



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