Les noms de Richard Nkori Mpiga et Charles Nkori Mvou, frères jumeaux originaires de Franceville, se sont imposés au centre de l’actualité judiciaire gabonaise après un drame survenu à Libreville, dans la nuit du 7 décembre 2025. Recherchés pendant plusieurs jours pour leur implication présumée dans un meurtre commis dans un établissement nocturne de la capitale, les deux jeunes hommes ont finalement été interpellés dans leur localité d’origine, mettant fin à une cavale suivie de près par l’opinion publique.
Les faits se déroulent dans un bar-dancing connu sous le nom de Pharelda, situé dans le 6ᵉ arrondissement de Libreville. Selon les éléments de l’enquête, la soirée, initialement banale, a basculé à la suite d’une altercation impliquant Richard Nkori Mpiga. Ce dernier aurait reconnu son ancienne compagne assise à une table, en compagnie d’un autre homme. La tension serait montée rapidement, alimentée par des griefs personnels non réglés. Des échanges verbaux auraient dégénéré, avant qu’un geste de violence ne soit porté à l’encontre de la jeune femme, provoquant l’intervention de plusieurs clients.
La situation s’envenime lorsque l’homme qui accompagnait la jeune femme s’interpose. Dans la confusion générale, Richard Nkori Mpiga aurait reçu un couteau, remis par un tiers identifié par les enquêteurs comme un complice présent sur les lieux. Un coup aurait alors été porté à la victime, atteinte mortellement à la poitrine. Les secours, alertés dans l’urgence, n’auront pas réussi à sauver le jeune homme, décédé des suites de ses blessures. Le drame plonge immédiatement le quartier dans l’émoi et conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire pour meurtre.
Dès les premières heures suivant les faits, la Police judiciaire procède aux constatations d’usage et recueille les témoignages. Le complice présumé est rapidement interpellé à Libreville. En revanche, les deux frères jumeaux, dont la présence sur les lieux est établie, parviennent à quitter la capitale avant leur arrestation. Cette fuite déclenche un avis de recherche et mobilise les services de sécurité, qui étendent leurs investigations hors de Libreville.
Les pistes conduisent rapidement à Franceville, dans la province du Haut-Ogooué, où les frères Nkori sont connus pour avoir des attaches familiales solides. Après plusieurs jours de recherches discrètes, les forces de l’ordre localisent les suspects au domicile familial. L’interpellation se déroule sans incident majeur. Les deux jeunes hommes sont placés en garde à vue avant d’être transférés à Libreville pour les besoins de l’enquête.
Présentés devant les autorités judiciaires compétentes, Richard Nkori Mpiga et Charles Nkori Mvou sont entendus sur leur rôle respectif dans les événements du Pharelda. Si les enquêteurs cherchent à déterminer avec précision la responsabilité de chacun, les charges retenues sont lourdes. Les deux frères, ainsi que leur complice déjà interpellé, sont inculpés pour meurtre. À l’issue de leur présentation devant le magistrat instructeur, ils sont placés sous mandat de dépôt et écroués à la maison d’arrêt de Libreville, dans l’attente de la poursuite de la procédure judiciaire.
L’affaire suscite une vive réaction au sein de l’opinion publique, notamment à Franceville, d’où sont originaires les deux mis en cause. Dans cette ville habituellement épargnée par les faits divers de grande ampleur, la nouvelle de l’arrestation des frères jumeaux provoque stupeur et incompréhension. Plusieurs habitants interrogés évoquent des jeunes connus sans antécédents judiciaires majeurs, soulignant le contraste entre leur image passée et la gravité des accusations actuelles.
À Libreville, le drame relance le débat sur la sécurité dans les lieux de divertissement nocturnes. Bars et boîtes de nuit sont régulièrement pointés du doigt pour la circulation d’armes blanches et la consommation excessive d’alcool, facteurs souvent associés aux violences nocturnes. Les autorités rappellent à cette occasion la responsabilité des gérants d’établissements et la nécessité de renforcer les contrôles, afin de prévenir de nouveaux drames.
Sur le plan judiciaire, l’instruction devra établir avec précision la chronologie des faits, le degré d’implication de chaque protagoniste et les circonstances exactes ayant conduit à la mort de la victime. Les auditions, confrontations et expertises médico-légales seront déterminantes pour la suite du dossier. Les avocats de la défense, de leur côté, s’attachent à faire valoir la présomption d’innocence de leurs clients et à contextualiser les événements survenus cette nuit-là.
Au-delà du fait divers, l’affaire des frères Richard Nkori Mpiga et Charles Nkori Mvou met en lumière une réalité sociale préoccupante, marquée par la banalisation de la violence lors de conflits interpersonnels. Elle rappelle également la capacité des forces de sécurité gabonaises à coopérer entre provinces pour localiser et interpeller des suspects en fuite, soulignant l’importance du maillage territorial dans la lutte contre la criminalité.
Alors que l’enquête suit son cours, les regards restent tournés vers la justice, seule habilitée à établir les responsabilités et à dire le droit dans ce dossier sensible. Pour les proches de la victime, comme pour ceux des mis en cause, l’attente s’annonce longue et éprouvante, rythmée par les étapes d’une procédure judiciaire appelée à faire toute la lumière sur l’un des faits divers les plus marquants de cette fin d’année au Gabon.



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