Assemblée nationale : cette semaine, adoption de la taxe forfaitaire et fin de session marquent le Parlement gabonais

Cette semaine, l’Assemblée nationale gabonaise a été au cœur de décisions politiques majeures alors que la seconde session ordinaire 2025 touche à sa fin. Les députés ont adopté des textes clés au terme de débats parfois intenses, illustrant les priorités budgétaires et fiscales de l’année à venir.

Réunis en séance plénière lundi, les députés ont approuvé l’adoption de la Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH) dans le cadre du projet de loi de finances 2026. Ce texte, désormais validé par l’hémicycle, vise à renforcer les ressources fiscales locales en instaurant une imposition annuelle selon des zones d’habitation. Présentée comme un outil d’équité et de financement des collectivités locales, la réforme a suscité de vifs débats au sein de l’Assemblée et dans la société civile, certains élus exprimant des réserves sur sa mise en œuvre et le calendrier de paiement : annuelle, semestrielle ou mensuelle.

La TFH s’inscrit dans un contexte de réorganisation fiscale plus large, où le Parlement doit concilier ambitions de développement local et préoccupations sociales. Les recettes attendues, estimées à plusieurs milliards de francs CFA par an, devraient être consacrées à l’entretien des infrastructures urbaines et à l’amélioration de services publics. Cependant, plusieurs députés ont soulevé des interrogations sur la clarté juridique et les modalités de recouvrement, notamment sur la responsabilité du paiement entre propriétaires et locataires.

Alors que la seconde session ordinaire s’achève ce vendredi, le Parlement dresse un bilan chargé sur plusieurs fronts. Outre la TFH, les députés ont adopté la loi de finances 2026 ainsi que d’autres textes essentiels, incluant la ratification de certaines ordonnances importantes liées à l’organisation institutionnelle. Cette fin de session intervient après l’installation des nouveaux bureaux du Parlement, marquant le début de l’activité pleine de la XIVe législature.

La session a aussi été marquée par des tensions internes. Les députés indépendants, notamment, ont dénoncé leur exclusion du bureau de l’Assemblée lors de la session inaugurale du 17 novembre dernier, les reléguant à un rôle de simples observateurs dans certaines préparations de travaux parlementaires. Cette situation a alimenté des débats en marge des travaux institutionnels, soulignant les défis de représentativité dans un hémicycle largement dominé par des groupes parlementaires majoritaires.

La dynamique à l’Assemblée nationale se déroule dans un contexte économique tendu. Cette semaine, le gouvernement a dévoilé un projet de nouvelle taxe mensuelle sur le logement destiné à faire face à l’importante dette publique du Gabon, qui a nettement augmenté ces derniers mois. Cette mesure, qui doit encore être intégrée formellement au débat législatif, complète le débat fiscal déjà ouvert autour de la TFH et met en lumière les priorités budgétaires du pays pour 2026.

En parallèle, l’institution parlementaire poursuit son rôle de contrôle de l’action gouvernementale. Le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, continue de recevoir des représentants diplomatiques et des partenaires internationaux, notamment dans le cadre de la coopération parlementaire régionale, soulignant la place de l’Assemblée dans le renforcement des institutions gabonaises.

Alors que le rideau se baisse sur la session de décembre, les regards se tournent déjà vers la prochaine session ordinaire qui ouvrira en mars 2026. Les débats budgétaires et les réformes fiscales, notamment autour de la fiscalité locale et de l’équilibre des finances publiques, seront au centre de l’agenda parlementaire. Les députés devront aussi poursuivre les discussions sur les textes restés en suspens et approfondir les propositions visant à améliorer la gouvernance fiscale et la représentativité au sein de l’hémicycle.

Dans un contexte où l’attention nationale est de plus en plus portée sur l’impact social des décisions fiscales, l’Assemblée nationale se retrouve placée face à des responsabilités accrues. Le débat sur la TFH et la clôture de cette session ordinaire illustrent la complexité des enjeux législatifs actuels, mais aussi la volonté des parlementaires de répondre aux attentes économiques et sociales de la population gabonaise.

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